vendredi 4 janvier 2008

Cockfighter


"The dedicated obsession of a fanatical sport."

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L'exergue de l'édition originale du roman de Charles Willeford ne mentait pas. Il fallait probablement une bonne dose d'obsession pour croire à son adaptation au cinéma. Roger Corman, promoteur du projet, la possédait ; pas Monte Hellman, chargé de la réaliser à défaut de la diriger vraiment. Le passé aurait pourtant dû alerter le producteur de The Intruder et de La Planète sauvage. En 1962, Willeford place tous ses espoirs de succès commercial dans son onzième livre, Cockfighter. Mais l'éditeur meurt soudainement et la plupart des vingt-quatre mille exemplaires de l'ouvrage ne sont même pas distribués. L'auteur décide alors de lâcher la plume pendant presque dix ans et part s'installer en Floride pour enseigner l'écriture à l'Université de Miami. Une nouvelle édition paraît en 1971 dont les droits d'adaptation sont bientôt acquis par Corman. Willeford rédige lui-même le scénario du film et Corman empêche Hellman de s'en emparer en y apportant les modifications qu'il juge utiles. L'échec commercial de Cockfighter convainc Willeford d'abandonner une nouvelle fois l'écriture pendant dix autres années.
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Tué au combat par le coq de Jack Burke, Sandspur fait perdre à son propriétaire et entraîneur Frank Mansfield, au profit de celui-là, sa voiture, sa caravane et, accessoirement, sa jeune petite amie Dody White. Deux ans plus tôt, Mansfield avait compromit sa chance de gagner la médaille du lutteur de l'année décernée par le sénateur Fox en improvisant, la veille du tournoi de Milidgeville, un combat dans une chambre d'hôtel contre le même Burke. Il avait alors pris la résolution de fermer sa grande gueule et de rester muet jusqu'au jour où il obtiendrait enfin le fameux trophée. Pour parvenir à cet objectif, Mansfield vend sa maison occupée par un couple ami, acquiert White Lightning, un coq blanc qui n'a jamais combattu, auprès d'Ed Middleton et s'associe à l'éleveur d'origine polonaise Omar Baradansky.
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"Ecrivez seulement la vérité, et on vous accuse de faire de l'humour noir" affirmait Charles Willeford. Celui qui tient le rôle de l'arbitre Ed Middleton dans Cockfighter prenait aussi le risque d'indisposer une grande partie du public des quarante-neuf états* où les combats de coqs sont interdits et, par la même occasion, les associations de défense des animaux de tous poils qui sévissent aux et hors Etats-Unis. Par ailleurs, l'intérêt de cette modeste comédie dramatico-romantique ne saute pas aux yeux, ou du moins n'apparaît pas aussi perçante que les redoutables crochets fixés aux pattes des volatiles avant des affrontements d'un réalisme troublant. Le thème de la seconde chance, professionnelle et sentimentale, y est traité de manière un peu désinvolte et le mutisme contraint de Warren Oates, qui n'aurait visiblement pas été un grand acteur avant l'arrivée du parlant, prive Cockfighter d'une part significative de ses atouts. Enfin, le rendu télévisuel surprend, surtout lorsque l'on sait que la photographie était assurée par le grand Nestor Almendros (Days of Heaven, Sophie's Choice...) . Véritables vedettes du film, les vaillants gallinacés suffisent-ils vraiment à assouvir notre appétit cinéphilique ?
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*seul l'état de Floride autorise cette pratique prétendument sportive.

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